
L'homme, un employé spécialisé dans la mise en conformité des installations électriques, était occupé au contrôle d'un chalet du quartier des Grands Prés, à Château-d'Œx. Alors qu'il s'affairait à proximité d'un coffret électrique dans la cave de l'habitation, un violent court-circuit s'est produit.
Blessé, souffrant d'importantes brûlures, l'homme a réussi à sortir du chalet par ses propres moyens, avant d'être secouru par des témoins. Il a ensuite été emmené à l'Hôpital du Pays-d'Enhaut. Dans un état jugé sérieux, le Fribourgeois de 36 ans a été héliporté au CHUV de Lausanne, par la Rega.
Mauvaise manipulation? Installation défectueuse? Les causes de l'électrocution sont floues. «D'après les premiers éléments dont nous disposons, l'homme se trouvait dans le local où se situe le coffret électrique et devait travailler dessus au moment de l'accident», signale Philippe Jaton, attaché de presse à la police cantonale. Une enquête devra déterminer le déroulement exact de l'accident.
L'arc électrique a provoqué un départ de feu indique Nicolas Burri, commandant du service du feu damounais. Plusieurs cartons ont été calcinés: «Le chalet a été envahi par la fumée. Nous avons rapidement pu ventiler les lieux.»
Ce sinistre a nécessité l'intervention du Service de défense contre l'incendie et de secours (SDIS) de Château-d'Œx avec 2 véhicules et 11 hommes, l'hélicoptère de la Rega et 2 hommes de la gendarmerie de l'endroit.
Mise à jour le Mardi, 06 Septembre 2011 07:50
Son intervention était censée sécuriser l’éclairage d’une armoire de pharmacie de salle de bains. Elle a eu pour effet d’amorcer une véritable bombe à retardement, qui a fini par provoquer, en 2003, la mort d’une jeune femme d’une vingtaine d’années.
Six ans après le drame, le procès de ce monteur électricien de 35 ans met au jour une incroyable suite de négligences et de malchance. Et si la sienne n’est que le dernier maillon de cet enchaînement, c’est par elle que le pire est arrivé. Yasmine Boolakee, substitut du procureur, déplore: «Avant son intervention, rien ne se serait jamais produit. Après, le drame était inéluctable.» De fait, l’affaire mérite le détour, car elle est hélas exemplaire d’une réalité moins rare qu’on l’imagine.
Bricolage
Rien ne serait arrivé non plus si quelqu’un n’avait installé, à une date indéterminée, cette armoire de pharmacie métallique surmontée d’un éclairage avec prise électrique. Le meuble est non seulement monté légèrement de travers, le bricoleur d’alors a aussi inversé les fils des conducteurs neutres et de phase. Cette confusion ne pose aucun problème en soit. Et pourtant…
En 2002, lors d’un contrôle de sécurité par Romande Energie, le vérificateur observe que l’installation n’a pas de mise à la terre séparée. C’est fréquent dans les immeubles d’un certain âge. Il le signale à la gérance. Le défaut est facile à éliminer. Il suffit d’établir un pont entre la borne terre et la borne neutre de la prise électrique et celle pour le rasoir. Telle était la mission de l’électricien aujourd’hui sur le banc des accusés.
Il oublie de vérifier
Pour son malheur, ce monteur ne remarque pas que les fils avaient été inversés au départ. Il effectue donc son pontage à l’envers. Et, surtout, il omet de procéder à la vérification élémentaire qui aurait pu lui montrer son erreur.
Le résultat est d’autant plus traître que tout fonctionne normalement. Sauf que, désormais, toute personne touchant l’armoire prend une secousse. Une secousse très légère tant qu’on est au sec, en raison de la peinture de l’armoire et de l’isolation par le carrelage.
Le drame lors d’un geste anodin
Le locataire de l’époque ne ressent la décharge que sous la forme d’un picotement. Il n’en fait pas part à la gérance.
Changement de locataire en été 2003. Rien de fâcheux ne se produit jusqu’à la fin novembre. Jusqu’à ce que la jeune femme tente depuis son bain de repousser du doigt la porte de l’armoire de pharmacie qui avait tendance à s’ouvrir toute seule. Elle meurt foudroyée.
Jugé pour homicide par négligence, le monteur électricien affirme qu’il ignorait l’obligation de procéder au contrôle qui aurait évité l’accident. De fait, cette contrainte n’existait pas à l’époque de son CFC, il y a une quinzaine d’années. On lui reproche de ne s’être pas soucié de l’évolution des normes régissant sa profession.
Constat inquiétant
«N’est-ce pas plutôt à l’employeur qu’à l’ouvrier de se soucier de la mise à jour des connaissances?» s’étonne son défenseur, Me Munoz.
Quel employeur? L’électricien incriminé était un intérimaire. Il a pratiquement toujours travaillé en missions temporaires depuis la fin de son apprentissage. Pour l’avocat, le monteur est responsable, mais pas coupable.
Tout cela prend une tournure franchement inquiétante lorsqu’un expert vient déclarer que même chez les électriciens connaissant cette obligation de contrôle, neuf sur dix négligent de l’appliquer.
Le ministère public requiert 30 jours-amendes avec sursis.
Verdict
L'électricien a été condamné
Le Tribunal correctionnel de Lausanne a infligé hier 20 jours amende avec sursis pendant 2 ans pour homicide par négligence à un monteur électricien. Il a été reconnu responsable du décès de la jeune femme foudroyée dans sa baignoire, il y a six ans, à Cheseaux-sur-Lausanne (24 heures de mardi). Chargé de mettre en conformité une armoire-pharmacie posée des années auparavant par un bricoleur, ce professionnel avait omis de procéder au contrôle de continuité du conducteur de protection. Ce test lui aurait permis de constater que le pontage de mise à terre qu'il venait de réaliser avait eu pour effet de mettre la carcasse métallique du meuble sous une tension de 230 volts en raison d'un défaut remontant à la mise en place de l'armoire. L'amateur avait en effet croisé les fils de phase et de neutre, ce que le monteur électricien n'avait pas remarqué. La jeune femme est morte en voulant, de son bain, refermer avec un doigt la porte de l'armoire qui s'ouvrait toute seule au-dessus de la baignoire car le meuble avait été monté de travers.
De fait, le monteur avait effectué trois des quatre vérifications qui s'imposaient. Coutumier du travail temporaire, sans employeur fixe pour s'assurer de la mise à jour de ses connaissances, il a affirmé ne pas être informé de l'obligation du quatrième test.
Mise à jour le Vendredi, 28 Janvier 2011 11:39